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 Je déteste qu'on me donne des ordres

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Floral de Lune-Roy
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Messages : 4
Date d'inscription : 27/07/2011
Age : 21

MessageSujet: Je déteste qu'on me donne des ordres   Lun 28 Nov - 15:08

Je montai quatre à quatre ces foutus escaliers, et arrivai finalement devant cette foutue porte couverte d’une foutue peinture verte écaillée. Mon prof de bio m’avait rendu le matin même le devoir de la semaine passée qui n’était, avouons-le, pas fameux. Déjà que cette matière me faisait royalement ch…anter, alors si elle me baissait ma moyenne en prime, c’était la tête de Mr Prigent qui allait être mise à prix (haha). Voilà donc la raison plus que compréhensible de ma plus qu’indescriptible fureur, qui conduisit mon pied à heurter violemment le battant de la foutue porte citée plus haut dans le but de le faire pivoter sur ses gonds. Tentative malheureusement vouée à l’échec en raison des sortilèges tissés sur la fameuse porte. Mon pied rebondit donc sur le bois et je fus projetée en arrière. Par chance, ma main trouva aussitôt la rampe de l’escalier, qui m’empêcha de finir mon chemin, et sans doute ma vie, deux étages miteux plus bas. Courroucée par l’affront que cette saleté de porte venait de me faire, je l’ouvris avec rage, mais cette fois-ci de façon plus conventionnelle (c’est-à-dire en utilisant ma main). Mademoiselle Rose ne leva même pas les yeux à mon entrée, genre « j’ai des trucs plus importants à faire que de m’intéresser à toi pauvre petite chose d’agent stagiaire. » Sérieux, cette femme m’horripile. L’air hautain et supérieur, comme si je la dérangeais en permanence. J’aurais tellement envie de lui hurler : « Mais moi aussi je peux pas te sacquer, mégère ! Si ça tenais qu’à moi j’aurais pas à te supporter non plus, m*rde ! » Mais je suis polie. Ou presque.

- Assieds-toi. Je suis à toi dans un instant, Floral.

Mais bien sûr, j’ai que ça à faire, moi ! Rester le derrière vissé à une chaise pendant que tu tapes je ne sais quel rapport « urgent » sur ton PC ! Je regardai la chaise, et priai pour qu’elle puisse encore me voir si je m’asseyais dessus. J’obtempérais cependant, ne voulant pas déclencher une guerre ouverte avant même d’avoir su la raison de ma convocation. J’attendis. Attendis. Attendis. Attendis. Attendis. Attendis. Et cætera pendant plusieurs longues minutes. (En fait cela ne dura que 47 secondes. Ndlr) Finalement, elle consentit à enregistrer son document et à se tourner vers moi. Elle prit un dossier dans un tiroir, d’où elle sortit une fiche que je reconnus comme celle que je m’étais échinée à remplir de renseignements en tout genre sur ma petite (hum) personne.

- Bien. Tu as dûment rempli ta fiche de renseignements, comme je peux le constater. C’est très bien. Mais quelques points me gênent.

- Ah ?

- Oui. Tu dis dans la partie « Caractère », que tu es attentive envers tes amis. Tu as beaucoup d’amis ?

- Pas tellement. Comme dans tous les domaines, je privilégie la qualité à la quantité d’amis.

- Je comprends. J’ai cependant fais quelques recherches sur toi, et il apparaît que …

- Vous avez quoi ?

- Fais quelques recherches sur toi.

- Et de quel droit ? feulai-je. Vous vous prenez pour quoi pour fouiller comme ça dans ma vie ? il me semble que vous devriez me demander l’autorisation avant de faire quoi que ce soit de la sorte ! Et puis ces recherches, ça consiste en quoi, au juste ? Vous avez consulté mon dossier scolaire ? Oh, ou peut-être interrogé mes amies de collège ou même mes anciens petits amis ?

- Si seulement il y en avait, compte bien que nous l’aurions fait, cingla-t-elle avec un regard scrutateur derrière ses lunettes.

- Tout d’abord mes amis ne sont pas répertoriés dans quelque dossier que ce soit, alors vos recherches n’auront évidemment rien pu donner. Et puis au fait, cette réflexion, c’est vraiment un comble, venant de votre part.

Je ne pus m’empêcher de déglutir. Ouais, je sais, au poker, ce genre de chose ne pardonne pas et votre adversaire pige tout de suite que votre jeu, c’est du vent. Mais bon, là, je venais quand même de clasher Mademoiselle Rose, le cerbère de l’Association, version Jane Eyre, avec chignon et tout le barda. Mademoiselle Rose, connue pour ses réflexions à vous couper l’égo à la serpe. Mademoiselle Rose, quoi. Enfin, bon, j’étais en rogne, elle m’avait cherché, et puis elle avait vraiment pas à fouiller dans mon passé de la sorte.

- Floral, j’ai lu toute ta fiche, le récit des évènements importants et déterminants de ta vie inclus, alors je suis parfaitement consciente que tu as connu des choses abominables qui t’ont rendue abrupte en société. Tu as parfaitement le droit de te sentir en décalage par rapport au reste de l’Humanité si ça te chante, mais je te prierais de te contrôler lorsque nous parlons, s’il-te-plait. Toutes les choses qui t’arrivent ne sont pas de mon fait alors ne me traite pas comme si j’en étais la seule et unique responsable. C’est d’accord ?

Je baissai les yeux avec remords, et hochai la tête, sans oser croiser son regard.

- Parfait. Je continue. Mes recherches m’ont bien entendu mises au courant de ces amis qui ne sont effectivement pas cités dans ton dossier scolaire. Je sais sans doute beaucoup de ce que tu as fait de ta vie depuis le décès de ta mère, les bonnes choses, comme les mauvaises. En parlant de ces mauvaises choses, tu me feras le plaisir de me poser sur ce comptoir le joint qui se trouve dans ton sac. Je suis sidérée qu’une fille aussi futée que toi n’aie pas encore compris que c’est mauvais pour ta santé. Je souhaite ardemment que tu arrêtes définitivement. Pour ton bien.

Je la regardai un instant avec effarement, puis m’exécutai.

- Comment vous le saviez ? demandai-je.

- J’ai mes méthodes, Floral, et elles ne sont efficaces que parce que secrètes, conclut-elle avec un petit sourire malicieux, tout à fait dénué de hauteur. Ensuite, tu vas tenter de te faire d’autres amis plus fréquentables. Tu es dans une école de botanique privée, et beaucoup d’élèves de ta classe m’ont semblé tout à fait sympathiques et avenants. Va vers eux et je suis certaine que tu iras beaucoup mieux. Tu fais aussi de la danse, alors essaie de parler aux autres filles, vous avez sans doute de nombreuses choses en commun. Parler à des gens réellement intéressants apporte beaucoup, sais-tu ? Fais cet effort, s’il-te-plait, c’est important. Bien, j’en ai terminé. Des questions ?

- Aucune.

- Alors tout va bien. Reviens demain après tes cours. Walter devrait avoir une mission pour toi. Tu peux disposer. Bonne fin de journée, Floral.

- À demain Mademoiselle Rose.

Je me levai et sortis plus calmement que je n’étais entrée. Bizarre, cette Mademoiselle Rose. Une sacrée répartie, mais pas mesquine, finalement. Bilan plutôt positif, somme toute. Je descendis les escaliers lentement, et sortis dans la rue. Je n’avais pas envie de rentrer dans mon petit appart, avec pour seule compagnie le bruit des voitures par la fenêtre. Je me mis donc en chemin vers les docks, où je pourrais m’asseoir dans un coin isolé au soleil, seule avec moi-même, et, pour m’aider à réfléchir, peut-être même fumer mon joint de secours.
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